Seuil

Nicole Pottier

Nicole Pottier

Seuil

A l’aube de ces changements nécessaires
j’attends la naissance telle l’ultime rédemption
dernier seuil dans ce monde visionnaire
pour parvenir à la terrestre dimension

sur les rives parfaites du début des ans
je franchis l’obscurité qui s’enflamme
aucune passion ne vient troubler mon âme
reposant dans la lave scintillante du volcan

dans la fournaise et la fureur des sentiments,
j’entends le premier cri déchirant brusquement
la paix éclairée de la mémoire de l’instant
venant s’inscrire dans les méandres du temps.

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Résister

Nicole Pottier

Nicole Pottier

Résister

l’être et le destin

Je suis là face à toi,
sans demande ni réponse
sans désir ni consolation
dans la présence du vide
dans la paix infinie du monde
le regard posé sur l’univers.

Tu es la forme parfaite
l’image douée d’existence
à laquelle tu donnes un visage
pour un temps bref et incertain
nous éloignant du caprice d’un destin
qui n’est rien d’autre qu’humain.

Petit poisson d’argent brillant
dans le lac bleuté et tranquille
miroir de toute plénitude
où tu t’agites en vain
pris au piège dans la nasse d’airain
de tes passions à jamais insatisfaites.

Tu es le gardien de ces rivages
fidèle vigie des mémoires effacées
là où ne parade que le seul mensonge
tu te dresses comme un rempart fortifié
repoussant ses assauts au nom de la vérité
conjuguant les insomnies au prix de ta vie.

Je suis la dignité d’être homme
au sein de ton regard doux et profond
dans tes yeux clairs et sereins,
je vois l’enfant pur qui ne meurt jamais
il y a tant de belles choses de par le monde
il y a tant d’amour tout simplement.

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Deux mondes

Nicole Pottier

Nicole Pottier

Deux mondes

Tu es venue un jour de ce côté de l’univers
épancher ta soif à la source claire des origines
les arbres frissonnent dans les couleurs de l’automne
où chaque feuille disparaît au gré du vent dans les landes de terre

parmi de luxuriants paysages à la porte du désert
tu demeures tout près des pyramides de connaissance
nos maisons séculaires où fument des cheminées déjà noircies
réchauffent nos âmes engrisées en cette saison mordorée

ton esprit se nourrit d’un alphabet sacré où ton nom n’existe pas
dans cet exil qui tourne sans cesse dans un autre sens de droite à gauche
nos pas silencieux accompagnent les fusils lors des battues dans les champs
aux matinées embrumées, plus aucun bruit, chacun fait le guet

l’instant coule dans tes veines, sollicitude impérieuse d’un temps
où chaque jour fait entendre une nécessaire et patiente attente
les parcelles fraîchement labourées composent des tableaux raffinés
où se reflètent des cieux gris et bleus, transparents de luminosité

guerre incessante et douloureuse folie qui divisent les maisons et dispersent les nations
doux venin mortel qui s’instille au quotidien et t’emplit de nostalgie et de désespoir,
immensité et diversité de deux mondes où nous ne sommes que d’invisibles points
cet automne chante l’amitié et réunit nos pensées sans jamais s’être connues

Je te souhaite une paix intérieure et un amour plus fervent chaque jour

pour Clava, 9 octobre 2007. 

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