La parole de Dieu

Saint Jean de Cronstadt

Saint Jean de Cronstadt

Lorsque tu lis ou écoutes les livres saints, respecte intérieurement, dans les hommes qui les ont écrits, les images de Dieu le Verbe ou Dieu le Verbe en personne. C’est Lui qui parle par leur intermédiaire. Rappelle-toi toujours, lorsque tu lis un livre religieux on profane, que l’homme est l’image de Dieu et que cette image de Dieu est renfermé dans la pensée, dans la parole et dans l’esprit du livre. Prends l’habitude de toujours regarder tout l’homme avec respect, comme une image de Dieu, mais surtout lorsqu’il parle de Dieu et particulièrement lorsque c’est à toi qu’il s’adresse. 0h ! c’est qu’alors l’homme est divin ! L’idée peu avantageuse que nous avons des hommes en général, de leur genre de vie, de leurs qualités et de leurs défauts, ainsi que notre habitude de ce don de la parole que nous possédons nous-mêmes à l’égal des autres, cette idée fait que nous attachons très peu de prix à la parole et que nous la méprisons même dans les autres, ce dont le démon profite pour blasphémer contre l’image de Dieu, grâce à notre amour-propre et à notre manque d’égards envers cette image sacrée. Il faut que tu t’efforces de te rendre humble de coeur et que tu domptes la fierté de ta raison, afin de ne pas ressembler aux contemporains des prophètes, qui les regardaient comme des rêveurs, chantant de doux cantiques, désobéissaient à leurs commandements, les méprisaient même, les persécutaient, les frappaient et les tuaient pour ne pas ressembler à ceux qui affirment que nul prophète n’est bien reçu en son pays. (Luc 4,24.). Si mesquin et si insuffisant que puisse te paraître un tel homme, respecte en lui l’image de Dieu, surtout s’il parle avec amour, et encore plus si, en même temps, il agit avec amour.

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Récits d’un pèlerin russe (1)

Pèlerin russe
Traduction : Jean GAUVAIN

Premier récit

Par la grâce de Dieu je suis homme et chrétien, par actions grand pécheur, par état pèlerin sans abri, de la plus basse condition, toujours errant de lieu en lieu. Pour avoir, j’ai sur le dos un sac avec du pain sec, dans ma blouse la sainte Bible et c’est tout. Le vingt-quatrième dimanche après la Trinité, j’entrai à l’église pour y prier pendant l’office ; on lisait l’Épître de l’Apôtre aux Thessaloniciens, au passage dans lequel il est dit : Priez sans cesse. Cette parole pénétra profondément dans mon esprit et je me demandai comment il est possible de prier sans cesse alors que chacun doit s’occuper à de nombreux travaux pour subvenir à sa propre vie. Je cherchai dans la Bible et j’y lus de mes yeux exactement ce que j’avais entendu – il faut prier sans cesse, prier par l’esprit en toute occasion, élever en tout lieu des mains suppliantes. J’avais beau réfléchir, je ne savais que décider.
Que faire – pensai-je – où trouver quelqu’un qui puisse m’expliquer ces paroles ? J’irai par les églises où prêchent des hommes en renom, et, là peut-être, je trouverai ce que je cherche. Et je me mis en route. J’ai entendu beaucoup d’excellents sermons sur la prière. Mais ils étaient tous des instructions sur la prière en général : ce qu’est la prière, pourquoi il est nécessaire de prier, quels sont les fruits de la prière. Mais comment arriver à prier véritablement – là-dessus on ne disait rien. J’entendis un sermon sur la prière en esprit et sur la prière perpétuelle ; mais on n’indiquait pas comment parvenir à cette prière. Ainsi la fréquentation des sermons ne m’avait pas donné ce que je désirais. Je cessai donc d’aller aux prêches et je décidai de chercher avec l’aide de Dieu un homme savant et expérimenté qui m’expliquerait ce mystère puisque c’était là que mon esprit était invinciblement attiré.

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