La stalactite

Lucian Blaga

Stalactita

Tăcerea mi-este duhul –
şi-ncremenit cum stau şi paşnic
ca un ascet de piatră,
îmi pare
că sunt o stalactită într-o grotă uriaşă,
în care cerul este bolta.
Lin,
lin,
lin – picuri de lumină
şi stropi de pace – cad necontenit
din cer
şi împietresc – în mine.

*

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L’offrande lyrique (V)

Rabindranath Tagore

Je te demande en grâce, permets qu’un instant je me repose à tes côtés. Les œuvres que j’ai entreprises, je les finirai par la suite.
Privé de la vue de ta face, mon cœur ne connaît ni repos, ni répit, et mon labeur n’est plus qu’une peine infinie dans un illimité désert de peine.
Aujourd’hui l’été est venu à ma fenêtre avec ses murmures et ses soupirs et les abeilles empressées font la cour au bosquet fleurL
Voici l’heure de la quiétude et de chanter, face à face avec toi, la consécration de ma vie, dans le silence de ce surabondant loisir.

(…)

Traduction : André Gide

Les douze filles de l’empereur (5)

Sept contes roumains
par Jules Brun et Leo Bachelin

*

Le soir, quand les princesses entrèrent dans leur chambre aux neuf portes neuf fois cadenassées, Fêt-Frumos se faufila à pas de loup derrière elles, les voya:nt bien sans être vu, puisqu’il avait le pouvoir de se rendre invisible. Et voici les secrets qu’il surprit.
Au lieu de se déshabiller et de se coucher tranquillement, elles se peignèrent et se vêtirent de robes splendides, comme pour se rendre à une fête. Il en demeura tout étonné et se décida à les suivre, curieux de savoir par où elles sortiraient, où elles iraient, ce qu’elles feraient.
— Êtes-vous prêtes? interrogea tout à coup l’aînée.
— Oui, répondirent les autres.
Alors elle frappa du pied le plancher, qui se fendit subitement en deux. Elles descendirent par cette ouverture et s’en allèrent très loin, très loin, jusqu’à un grand jardin entouré d’un mur d’airain. Au moment d’entrer, l’aînée frappa de nouveau du pied, et les portes de bronze s’ouvrirent à deux battants.
Elles pénétrèrent dans ce jardin mystérieux, et le beau garçon à leur suite. Il les serrait même de si près, que maladroitement il marcha sur la traîne de la plus jeune. — qu’il ne lâchait pas d’une semelle, on le conçoit. La pauvrette se retourna vivement, mais ne vit personne. Alors, effrayée, elle appela ses compagnes :
— Mes sœurs, on m’a suivie ; j’ai peur ! … Je ne me trompe pas; bien sûr, quelqu’un a mis le pied sur ma robe ! 

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