Susan Boyle : Wings to fly

une histoire /une chanson
a song / a story

* La chanson / the song *

Wings to fly
by
Susan Boyle

(Words by Michio Yamagami
Music by Kunihiko Murai)

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Lorsque je suis parmi les arbres

Mary Oliver

When I am among the trees

When I am among the trees,
especially the willows and the honey locust,
equally the beech, the oaks and the pines,
they give off such hints of gladness.
I would almost say that they save me, and daily.

I am so distant from the hope of myself,
in which I have goodness, and discernment,
and never hurry through the world
but walk slowly, and bow often.

Around me the trees stir in their leaves
and call out, « Stay awhile. »
The light flows from their branches.

And they call again, « It’s simple, » they say,
« and you too have come
into the world to do this, to go easy, to be filled
with light, and to shine. »

Lorsque je suis parmi les arbres

Lorsque je suis parmi les arbres,
en particulier les saules et les féviers,
mais aussi les hêtres, les chênes et les pins,
ils dégagent tant de joie diffuse.
Je dirais presque qu’ils me sauvent, chaque jour.

Je me suis éloignée de l’espoir de moi-même,
où résident la bonté et le discernement,
et jamais je ne me presse dans le monde
mais je marche lentement et m’incline souvent.

Autour de moi, les arbres agitent leurs feuilles
et m’appellent, « Reste un moment. »
La lumière coule de leurs branches.

Et ils appellent à nouveau, « C’est simple », disent-ils,
« car toi aussi tu es venue
dans le monde pour faire ceci, pour aller doucement, pour être remplie
de lumière, et pour briller. »

Traduction : Nicole Pottier

Les douze filles de l’empereur (3)

Sept contes roumains
par Jules Brun et Leo Bachelin

*

Il quitta donc le village, qu’il laissa loin derrière lui, et s’en alla tout droit à la cour impériale, où il entra comme manœuvre au jardin de l’empereur. Le maître jardinier fut même tout heureux de le prendre à son service, le voyant si bien tourné et si propret, — car le pauvre homme s’était déjà exposé maintes fois aux goguenardises des filles de l’empereur, parce qu’il engageait toujours des manants aussi lourdauds et aussi laids que possible.
Pour net et avenant, il l’était par-dessus tout, le nouveau venu; mais ses habits étaient de trame grossière, comme ceux d’un vacher. Alors le maître jardinier lui fit prendre un bain et le renippa de pied en cap de linge fin , — tout un costume, chemise et culotte brodées et pailletées, ainsi qu’il convient à un serviteur du jardin impérial. Et comme le gars était bien fait, les beaux vêtements lui seyaient à merveille.
A part quelques menus soins à donner aux plates-bandes, sa besogne consistait principalement à composer tous les jours douze petits bouquets et à les présenter chaque matin aux douze filles de l’empereur, au moment où elles sortaient du palais pour prendre l’air au jardin. 

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