Le printemps

Lucian Blaga

Primăvară

Visător cu degetele-i lungi pătrunde vîntul,
printre ramuri şi pe fire de păianjen
cîntă bietul ca pe-o harfă.

Albi pe fruntea ta-şi deschid subţirile pleoape
trandafirii,
fragezi ca fiorii unor tăinuite presimţiri,
tremurînd de neastîmpărul ce-ţi joacă,
viu şi cald în vine.

Lacomi şi flămînzi îmi strigă ochii,
veşnic nesătui ei strigă,
după ochii tăi – scăpărătorii –
cari luminoşi, ce-ţi sînt copilo,
nu văd niciodată umbre.

*

Le printemps

Rêveur, le vent pénètre de ses longs doigts
parmi les branches et des fils d’araignée
dont il joue, le pauvre comme d’une harpe

Blanches sur ton front, et s’ouvrant en de minces paupières
les roses
fragiles comme les frissons de secrets pressentiments
tremblent sous l’impatience s’agitant
vive et chaude dans tes veines.

Gourmands et affamés, mes yeux t’appellent
éternellement et insatiablement ils réclament
tes yeux  – étincelants –
qui à force de briller, ma chérie
ne voient jamais d’ombres.

Traduction: Virginia Popescu, Nicole Pottier

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