Februs – Vitrail

Februs

Cathédrale de Chartres, déambulatoire sud.
premier quart du XIIIe siècle

Février un vieillard encapuchonné qui se chauffe, assis devant un feu.

Dans les calendriers médiévaux, créés pour rendre hommage au travail de l’homme et aux activités agricoles de l’année, Février est le mois du champ au repos, lorsque le sol est devenu trop dur pour être travaillé, les paysans se réfugient dans la maison pour se protéger du froid.
C’est précisément l’objet de ce vitrail, où domine le rouge vif du grand feu dans la cheminée.
Assis sur une chaise d’allure antique, confortablement calé par un oreiller, un homme de profil, avec de longs cheveux et une barbe, vêtu d’une tunique courte avec une capuche, tend ses mains vers le feu et il se penche pour réchauffer ses pieds nus, ceux-ci souffrant plus que d’autres parties du corps des rigueurs de la saison.
Près de lui, nous apercevons un outil agricole, peut-être une faucille utilisée pour la taille, tandis qu’au pied de la chaise, se trouve une cruche qui pourrait faire allusion à la représentation du verseau, signe astrologique du mois.
Aucun élément n’est superflu dans la scène, mais les traits du visage soulignés par la technique de la grisaille, ou la posture du corps, tendant vers la flamme, montrent une grande attention aux détails de la vie quotidienne et une grande expressivité.

Il nous suffit de quelques traits de synthèse pour transmettre au cours des siècles, dans des couleurs brillantes rouges, bleus ou verts vitrage, la représentation de Février comme un agriculteur transi de froid qui, au coeur de l’hiver, à son grand soulagement, se trouve dans une pièce fermée, où la chaleur d’une cheminée l’aide à oublier le froid à l’extérieur.

Grazia Agostini
Traduction : Nicole Pottier, photo : Grazia Agostini.

Source : http://senzadedica.blogspot.it/2016/02/tutto-l-in-una-vetrata-febbraio.html

***

Technique de la grisaille dans le vitrail :

Après avoir découpé toutes les pièces nécessaires, on repeint par dessus le modelé des personnages . La pièce de verre, d’une seule couleur, doit être repeinte pour représenter le modelage des visages ou des détails. Au XIIIe siècle, on utilise une seule peinture monochrome avec différentes nuances allant du noir au brun, c’est la grisaille. La texture de cette grisaille ne varie pas, c’est celle préconisée par Théophile, la « recette » du XIIe siècle. La grisaille se compose de trois éléments :
– Un colorant (oxyde de cuivre ou de fer). Ces oxydes sont broyés en poudre et brûlés dans un creuset, c’est ce qui donne cette teinte grisâtre.
– Le fondant ou la fritte obtenu avec des morceaux de verre pilé, servant à faire tenir la grisaille pendant la cuisson.
– Un liant enfin, qui permet de travailler le mélange en le fluidifiant. Pour cela, Théophile préconise un liquide un peu acide comme le vinaigre, le vin ou la gomme arabique.
La pâte est plus ou moins liquide selon les différents diluants utilisés, elle peut être très noire ou plus brune. La grisaille permet majoritairement le tracé des contours. Théophile préconise de l’appliquer en trois couches différentes :
Une première grisaille très diluée sur le verre, en lavis. Avec un chiffon, on enlève les parties qui doivent rester à la lumière, c’est la technique des enlevés.
On applique alors une deuxième teinte plus foncée pour les modelés et les ombres.
Enfin, la troisième couche de grisaille pour les traits plus noirs et plus épais des contours.
On retrouve ce procédé, très long à réaliser, sur beaucoup de vitraux romans. Au XIIIe siècle, quand la production augmente, on accélère le procédé, l’étape une et deux de Théophile sont réalisées en même temps, on ne voit donc plus que deux nuances de grisaille sur les vitraux.

Pour appliquer la grisaille sur le verre, le maître utilise des pinceaux assez fins en poils d’écureuil, ou un peu plus large en poils de blaireau. À la fin du XIVe siècle, on l’applique avec de petites brosses en bronze en tapotant la grisaille, ce qui provoque une répartition inégale. On utilise également des pinceaux en poils de putois, ce que les historiens de l’art ont appelé « l’effet putoisé », permettant de faire des nuances plus ou moins foncées. Dès les XIIe ‑ XIIIe siècles, la technique des enlevés se fait à l’aide d’un chiffon, aux XVe ‑ XVIe siècles, on utilise une plume ou une aiguille pour les traits fins. La grisaille s’applique en principe sur la face intérieure du verre. Mais parfois, pour des effets de volume, on applique des effets de grisaille à l’extérieur en quelques rehauts.
Jusqu’à la fin du XIIIe siècle, on ne pouvait avoir qu’un morceau de verre d’une seule couleur avec un seul trait de grisaille plus ou moins foncé. Au début du XIVe siècle, grâce à l’invention du jaune d’argent, les choses changent. Il s’agit d’une nouvelle teinte que l’on place le plus souvent à l’extérieur et qui est obtenue avec du sel d’argent mélangé à un liant. On en a un bel exemple, le plus ancien, sur un vitrail représentant un donateur agenouillé devant saint Pierre dans l’église Saint-Pierre du Mesnil-Villeman dans la Manche. Cette couleur n’a pas besoin de fondant, elle se fixe par cémentation et pénètre dans le verre pendant la cuisson. De plus, il ne s’agit pas d’une teinte brunâtre comme la grisaille mais vraiment d’un colorant. Quand le jaune d’argent pénètre dans le verre, il en change la couleur, il est souvent utilisé pour les verres incolores. Grâce à cette technique, on peut obtenir deux couleurs différentes (teintes allant du jaune pâle à l’orangé) sur un même panneau de verre sans utilisation des plombs. Le jaune d’argent peut également être utilisé sur des pièces de verre colorées. Il s’agit d’une grande innovation qui, même si les plus anciens témoignages conservés sont en Normandie, viendrait des verriers de Paris.

Source : Wikipédia.

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