le Baptême de Jésus – Vitrail

bapteme de Jesus 1
« le Baptême de Jésus, l’épreuve du désert, les tentations (Saint Marc) »
Gérard Collin-Thiébault, 2012
Réalisation : maître verrier Pierre-Alain Parot

Cathédrale Saint-Etienne de Cahors

Les vitraux présents dans le choeur de la cathédrale se composent de sept baies – comportant vingt lancettes et onze roses polylobées – et ont été commandés en 1872 par Monseigneur Grimardias au maître-verrier bordelais Joseph Villiet. L’iconographie peut se diviser en deux parties : d’une part, sont représentés des passages de la vie du Christ, de la Vierge et de saint Étienne, et de l’autre, sont illustrées les vies de saints (saint Urcisse, saint Namphaise, saint Génoulph, sainte Spérie, sainte Fleur) et le pèlerinage de Rocamadour. Monseigneur Grimardias s’est également fait représenter sur la verrière du cycle de la vie de saint Étienne.
Le nouveau projet des vitraux de la nef, composé de onze baies, vient remplacer de simples verres clairs losangés, réalisés dans la première moitié du XXe siècle. Ceux-ci, en mauvais état de conservation, laissaient pénétrer une lumière crue, qui contrastait fortement avec les vitraux installés dans le choeur. Afin de s’inscrire dans le programme iconographique déjà présent au sein de la cathédrale, le thème retenu pour la création des nouveaux vitraux est celui de « la Parole qui circule ». Il renvoie à la fresque de la Création, qui orne le mur occidental de la cathédrale, derrière l’orgue. Le nouveau peuple des témoins formé autour de cette Parole est, quant à lui, illustré par les peintures et les vitraux du choeur. Chaque ensemble de baies sera associé à un évangéliste : saint Matthieu et saint Marc au Nord, saint Luc et saint Jean au Sud.
Le projet concerne 90 m2 de vitraux, répartis dans les deux travées de la nef, soit onze baies organisées en quatre groupes; trois sont composés de trois baies, le quatrième est composé d’une rosace et d’une baie simple.

La proposition de Gérard Collin-Thiébaut affirme un parti pris figuratif, ce afin de retrouver le mécanisme primitif de la lecture des vitraux. Son intention est bien de renouer avec la fonction pédagogique des vitraux qui permettaient d’instruire et de communiquer avec le plus grand nombre de fidèles. Gérard Collin-Thiébaut a décidé de singulariser les Évangélistes en apportant à chaque ensemble de baies «une impression chromatique propre». Ces impressions chromatiques permettent alors de distinguer saint Matthieu (bleus/jaunes), saint Marc (rouges orangés/turquoise), saint Luc (parme) et saint Jean (couleurs vives).
« Il s’agit d’un véritable accompagnement chromatique des vitraux du chœur en même temps qu’une recherche de cohérence du parcours iconographique dans la cathédrale ».
Mais la grande originalité de ce projet réside dans les emprunts iconographiques de l’artiste. Des images tirées de tableaux, de fresques, de photogrammes et de photographies sont superposées ou juxtaposées. Jouant avec le chevauchement des images, les décalages des lignes et les strates de couleurs, ces images presque voilées, appellent à être décryptées par le spectateur. Gérard Collin-Thiébaut revisite l’iconographie chrétienne, utilisant des figures contemporaines et des références à l’histoire de l’art, pour l’inscrire dans le XXIe siècle.
La réalisation des vitraux de Cahors a nécessité de longues recherches techniques sur la sérigraphie ainsi que sur l’impression directe sur verre. Selon Pierre-Alain Parot, une traduction manuelle – avec les outils traditionnels de la peinture sur verre – du travail informatique de l’artiste était impossible. Compte tenu du caractère virtuel des images, à la fois trop précises (comme des photographies) mais également « floutées » (ceci étant dû à la superposition avec d’autres images de qualités inégales). À la base de la réflexion : les juxtapositions d’images devaient se traduire en transparence et en translucidité sur le verre.
Les essais en sérigraphie se sont avérés insatisfaisants, cette technique produisant des séries à l’identique, ce qui n’était pas le cas. Il a alors été fait appel à la technique de l’imprimerie. Chaque maquette a été agrandie informatiquement à taille réelle, puis découpée précisément à la forme et à la taille des panneaux. Les vues informatiques de chaque panneau ont ensuite été décomposées dans les couleurs primaires puis recomposées par une imprimante qui déposait sur le verre les émaux vitrifiables. Cette imprimante très complexe a été mise au point par un industriel israélien et les impressions furent réalisées dans une unité de Saint-Gobain en Allemagne, vers Munich. Préalablement, un étalonnage des valeurs et des intensités s’est avéré nécessaire pour chaque baie et chaque panneau. Les verres ainsi décorés ont été recuits à 760° puis refroidis.
Une deuxième « peau » en verre antique a été mise en œuvre pour rehausser ou corriger les tonalités données par l’impression. Un réseau de plombs, défini par l’artiste, souligne les formes ou les plages de couleur. Cette deuxième strate est un vitrail traditionnel qui vient se superposer à la feuille de verre préalablement imprimée. Les deux couches sont alors assemblées par des profils de plomb fabriqués spécialement. De nouvelles ferrures ont remplacé les anciennes très corrodées. L’ouvrage a été achevé sur place par une pose traditionnelle. Cette technique remarquable donne au spectateur un effet de vision très précise depuis l’extérieur de l’édifice. Une double lecture intérieure et extérieure de l’œuvre est instaurée, avec des détails plus ou moins perceptibles de chaque côté du vitrail.

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Cathédrale Saint-Etienne de Cahors, Côté Nord
Saint Marc : Le baptême de Jésus et les tentations (baie 111).

Le Baptême de Jésus dans le Jourdain, scène inaugurale de l’Évangile de Marc, peut être considéré comme un symbole de purification et de renouveau. Au moment où Jésus est baptisé et sort de l’eau, les cieux s’ouvrent et l’Esprit s’adresse à lui : il est alors reconnu comme fils de Dieu. Ce passage de l’Évangile est suivi par les Tentations, mise à l’épreuve de Jésus dans le désert.
Vues superposées de :
– un photogramme tiré du film Ordet de Carl Theodor Dreyer ;
– LaTentation du Christ d’Ary Scheffer, vers 1859 ;
– Saint Jean-Baptiste dans le désert de Francisco Goya , vers 1808 ;
– Le Baptême du Christ d’Andrea del Verrochio et Léonard de Vinci, entre 1472 et 1475.

Source : Dossier de presse « 11 nouveaux vitraux pour la cathédrale Saint-Etienne de Cahors, oeuvres de Gérard Collin-Thiébaut »
Photos : Nicole Pottier

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