Petite ballade

Grigore Vieru

Mică baladă

Lui Marin Sorescu

Pe mine
mă iubeau toate femeile.
Mă simţeam puternic şi sigur.
Ca Meşterul Manole
am cutezat
să ridic o construcţie
care să dăinuie veşnic.
Am început lucrul
şi le-am chemat la mine
pe toate:
pe Maria, pe Ana,
pe Alexandra, pe Ioana…
Care va ajunge întâi
pe-aceea-n perete o voi zidi.
Dar din toate femeile
a venit una singură:
Mama.
-Tu nu m-ai strigat,
fiule?!

*

Petite ballade

A Marin Sorescu

Moi,
toutes les femmes m’aimaient.
Je me sentais fort et solide.
Tout comme Maître Manole,
je me suis permis
d’élever une construction.
qui durerait éternellement
J’ai commencé le travail
et je les ai toutes appelées
chez moi :
Marie, Anne,
Alexandra, Jeanne.
Celle qui arrivera la première
celle-là, je l’emmurerai.
Mais de toutes ces femmes,
une seule est venue :
Ma mère.
Tu ne m’as pas appelée
mon fils ?!

Traduction : Virginia Popescu, Nicole Pottier

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