« Vierge à l’Enfant » vers 1480 – Vitrail

Vierge à l'Enfant 1

Vierge à l’Enfant, vers 1480.


Ce vitrail était composé de deux panneaux d’environ 35 cm de large, la séparation se situant à l’origine au niveau de la couronne. Des filets l’ont élargi, le sol et la plus grande partie de l’encadrement architectural sont modernes, à l’exception des deux pièces qui surmontent la tête de la Vierge. En revanche, la tenture damassée rouge est d’origine et les personnages n’ont subi que des interventions mineures, la plus importante étant une grande pièce triangulaire au bas du manteau de la Vierge. Bien que la peinture soit partiellement effacée et que les verres blancs portent d’importantes altérations, la qualité de l’oeuvre reste sensible.

Vierge à l'Enfant 2

Vêtue d’une robe pourpre et d’un manteau bleu, la Vierge porte une couronne fleurdelisée. Elle est assise dans une cathèdre dorée placée sous un dais architecturé, tenant d’une main un livre ouvert, et de l’autre soutenant l’Enfant assis sur ses genoux; celui-ci tend le bras en direction d’un donateur, qui devait être figuré sur la panneau voisin. Cette disposition est confirmée par l’inscription [MA] TER MEDIA [TRIX] qui se lit sur le galon de la tenture.

Vierge à l'Enfant 3

La sérénité du visage de la Vierge, le délicat emploi du jaune d’argent sur les chevelures et les accessoires, le rendu de la texture des étoffes sont autant d’éléments qui trahissent l’intervention d’un artiste de premier plan, travaillant à Chartres dans le dernier quart du XVè siècle et sur l’activité duquel on ne possède à ce jour aucun autre témoignage.

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Vierge à l'Enfant 5

LEXIQUE :

Couronne fleurdelisée : le lys, fleur blanche et odorante, est dédié à la Vierge Marie, et symbolise sa pureté virginale. La fleur de lys est aussi l’emblème des rois de France.

Cathèdre : siège fixe du Souverain Pontife et des évèques. Il est construit et subsiste en permanence dans les cathédrales, où il est le signe du magistère. Il est inséparable de l’église-mère du diocèse qui tire de lui son nom de cathédrale. Sa forme traditionnelle est celle d’une caisse avec deux accoudoirs droits et un dossier arrondi dans le haut. La cathèdre sert ici de trône à la Vierge et l’Enfant, le Verbe incarné.

Mater Mediatrix : c’est au VIè siècle qu’apparaît l’attribution à Marie du titre de Médiatrice qui se répandra en Occident, à partir de l’époque carolingienne, grâce à la traduction de la Légende de Théophile. Dans l’Eglise, la Bienheureuse Vierge Marie est invoquée sous les titres d’avocate, auxiliaire, aide et médiatrice.
La Sainte Vierge a cette prérogative d’être médiatrice, c’est-à-dire intermédiaire entre l’humanité pécheresse et la déité offensée, parce-que, selon Saint Albert, elle s’approche de Dieu par sa dignité incomparable et elle demeure apparentée à l’humanité par sa qualité de créature humaine. Etant à la fois semblable et dissemblable aux deux extrêmes, alors elle pourra les réunir.

Source : Exposition permanente Vitraux de la renaissance au Centre international du vitrail, Chartres.
Photos : Nicole Pottier.

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