L’offrande lyrique (XII)

Rabindranath Tagore

Le temps que prend ma course est long; la route est longue.
Je suis sorti sur le char du premier rayon de lumière, et j’ai poursuivi mon voyage à travers les solitudes des mondes, laissant ma trace sur mainte étoile.
C’est le parcours le plus distant qui m’approche le plus de toi, et la modulation la plus détournée est celle même qui mène à la parfaite simplicité de l’accord.
Le voyageur doit frapper à toutes les portes avant de parvenir à la sienne; il faut avoir erré à travers tous les mondes extérieurs pour atteindre enfin au tabernacle très intime.
J’ai laissé mes yeux longtemps s’égarer au loin, avant de les fermer et de dire : Tu es ici!
Cette interrogation, cette attente, se fond dans les larmes d’un millier de fleuves et submerge le monde sous le flot de cette certitude : Je suis.
(…)

Traduction : André Gide

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