L’offrande lyrique (XI)

Rabindranath Tagore

Quitte ton chapelet, laisse ton chant, tes psalmodies ! Qui crois-tu honorer dans ce sombre coin solitaire d’un temple dont toutes les portes sont fermées ? Ouvre les yeux et vois que ton Dieu n’est pas devant toi.
Il est là où le laboureur laboure le sol dur; et au bord du sentier où peine le casseur de pierres. Il est avec eux dans le soleil et dans l’averse; son vêtement est couvert de poussière. Dépouille ton manteau pieux; pareil à Lui, descends aussi dans la poussière !
Délivrance ? Où prétends-tu trouver délivrance ? Notre Maître ne s’est-il pas joyeusement chargé lui-même des liens de la création ; il s’est attaché avec nous pour toujours.
Sors de tes méditations et laisse de côté tes fleurs et ton encens! Tes vêtements se déchirent et se souillent, qu’importe ? Va le joindre et tiens-toi près de lui dans le labeur et la sueur de ton front.

(…)

Traduction : André Gide

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