Exil

Saint Jean de Cronstadt

Saint Jean de Cronstadt

Notre vie d’ici-bas est un exil : Le Seigneur mit l’homme hors du jardin de délices (Luc VI,27-28), dit la Bible. Aussi devons-nous, de toutes nos forces, au moyen de la pénitence et des oeuvres dignes de pénitence, aspirer à notre patrie : Seigneur, rendez-moi la patrie désirée, faites que je puisse habiter de nouveau le paradis (Gen 3,23). Notre vie d’ici-bas est une vie étroite, une vie de douleurs, de privations et d’infirmités. Plus cette voie est étroite, plus nous pouvons être sûrs que nous sommes dans la voie véritable, et plus elle est large, et plus il est évident que nous nous acheminons à la perdition. Notre vie d’ici-bas est la vie que nous menons chaque jour. C’est une guerre cruelle et amère avec les ennemis de notre salut, surtout avec les esprits invisibles du mal, qui ne nous laissent pas un seul jour de repos, mais nous entourent constamment de leurs maléfices, allument en nous les diverses passions et nous dardent de leurs aiguillons douloureux. N’oubliez donc pas cette guerre incessante à laquelle nous sommes en butte; elle ne nous laisse pas le loisir de nous reposer, de nous divertir et de nous distraire en cette vie, qui est destinée à nous préparer à la vie à venir. Nous ne devons pas songer à toutes ces futilités, ni lorsque nous sommes éprouvés par le malheur, ni lorsqu’il nous paraît que nous sommes parfaitement tranquilles et heureux, par exemple lorsque nous sommes au théâtre ou en soirée, vêtus de superbes toilettes ou couverts de bijoux, lorsque nous goûtons les plaisirs de la table ou que nous nous laissons emporter par le tourbillon de la danse; lorsque nous nous promenons dans des voitures élégantes, etc. Au milieu de tous ces plaisirs mondains un malheur immense plane sur vous par cela seul que vous êtes homme : vous êtes un pécheur, vous êtes un ennemi de Dieu, vous êtes en danger de perdre la vie éternelle, surtout si vous menez une vie dissipée, si vous ne faites aucune oeuvre de pénitence. Le courroux de Dieu vous menace, surtout si vous n’implorez pas sa Miséricorde par la prière et le repentir. Ce n’est donc pas aux plaisirs, mais aux larmes que vous devez songer. Les plaisirs ne doivent pas être fréquents et ceux que vous devez préférer, ce sont ceux que la foi vous offre dans les solennités de la religion.

Traduction : M. de Longuinoff

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