Si tu venais en automne

Emily Dickinson

If you were coming in the fall,
I’d brush the summer by
With half a smile and half a spurn,
As housewives do a fly.

If I could see you in a year,
I’d wind the months in balls,
And put them each in separate drawers,
Until their time befalls.

If only centuries delayed,
I’d count them on my hand,
Subtracting till my fingers dropped
Into Van Diemens land.

If certain, when this life was out,
That yours and mine should be,
I’d toss it yonder like a rind,
And taste eternity.

But now, all ignorant of the length
Of time’s uncertain wing,
It goads me, like the goblin bee,
That will not state its sting.

*

Si tu venais en automne,
Je balayerais l’été
Moitié avec sourire, moitié avec dédain,
Comme les ménagères font d’une mouche.

Si je pouvais te voir dans un an,
J’enroulerais les mois en boules
Et les mettrais chacun dans des tiroirs séparés
Jusqu’à ce que leur temps soit échu.

Si seulement les siècles nous tenaient à distance,
Je les compterais sur ma main,
Les soustrayant jusqu’à ce que mes doigts tombent
Dans la terre de van Diémen.

S’il était certain, quand Cette vie serait finie,
Que la tienne et la mienne fussent encore,
Je jetterais cette vie comme une écorce
Et goûterais l’éternité.

Mais maintenant, tout ignorante de la longueur
De l’aile incertaine du temps.
Cela me point, telle l’abeille capricieuse
Qui ne veut pas fixer son aiguillon.

Traduction : Pierre Messiaen

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