Je pressens…

Marin Sorescu

Presimt…

Presimt ca o să am o zi cam proastă.
Din cât greu fost-a, este cel mai greu.
De altfel, zarea va rămâne-albastră
Şi Ştreangul mâine fi-va curcubeu.

Spre mine mă deschid ca o fereastră
În care stă pe gânduri Dumnezeu.
Şi iată vine pasărea măiastră
Şi pasărea aceasta sunt tot eu.

Fragilă-alcătuire şi capcană,
Las corpu-acesta unei alte flori.
O voi privi, cu lacrima-mi, din nori,

Deşi, vii prea devreme, tu, dojană…
Şi cui să-ncredintez această pană?
Cum să te iau, durere, să nu dori?

*

Je pressens…

Je pressens que ma journée sera plutôt mauvaise…
De tout ce qui a été dur, c’est le plus dur.
En fait, l’horizon restera bleu
Et la corde demain se transformera en arc-en-ciel.

Je m’ouvre sur moi, telle une fenêtre
où Dieu se tient tout pensif
Voilà qu’arrive l’oiseau magnifique
Et cet oiseau n’est autre que moi.

Forme fragile et piège,
j’abandonne ce corps à une autre fleur.
Depuis les nuages je la regarderai avec des larmes
Bien que tu viennes trop tôt, toi le reproche…
Et à qui confier cette plume ?
Comment te saisir, douleur, sans souffrir ?

Traduction : Virginia Popescu, Nicole Pottier

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