Nous voudrions maintenant vous questionner sur la Mort

Khalil Gibran

Death

Then Almitra spoke, saying,
We would ask now of Death.
And he said:
You would know the secret of death.
But how shall you find it unless you seek it in the heart of life?
The owl whose night-bound eyes are blind unto the day
cannot unveil the mystery of light.
If you would indeed behold the spirit of death,
open your heart wide unto the body of life.
For life and death are one, even as the river and the sea are one.

In the depth of your hopes and desires lies your silent knowledge of the beyond;
And like seeds dreaming beneath the snow, your heart dreams of spring.
Trust the dreams, for in them is hidden the gate to eternity.
Your fear of death is but the trembling of the shepherd when he stands before the king whose hand is to be laid upon him in honour.
Is the shepherd not joyful beneath his trembling, that he shall wear the mark of the king?
Yet is he not more mindful of his trembling?

For what is it to die but to stand naked in the wind and to melt into the sun?
And what is to cease breathing, but to free the breath from its restless tides, that it may rise and expand and seek God unencumbered?

Only when you drink from the river of silence shall you indeed sing.
And when you have reached the mountain top, then you shall begin to climb.
And when the earth shall claim your limbs, then shall you truly dance.

*

Nous voudrions maintenant vous questionner sur la Mort

Et il dit :
Vous voudriez connaître le secret de la mort.
Mais comment le trouverez-vous, sinon en le cherchant dans le cœur de la vie ?
La chouette dont les yeux faits pour la nuit sont aveugles au jour, ne peut dévoiler le mystère de la lumière.
Si vous voulez vraiment contempler l’esprit de la mort, ouvrez amplement votre cœur au corps de la vie.
Car la vie et la mort sont un, de même que le fleuve et l’océan sont un.

Dans la profondeur de vos espoirs et de vos désirs repose votre silencieuse connaissance de l’au-delà ;
Et tels des grains rêvant sous la neige, votre cœur rêve au printemps.
Fiez-vous aux rêves, car en eux est cachée la porte de l’éternité.
Votre peur de la mort n’est que le frisson du berger lorsqu’il se tient devant le roi dont la main va se poser sur lui pour l’honorer.
Le berger ne se réjouit-il pas sous son tremblement, de ce qu’il portera l’insigne du roi ?
Pourtant n’est-il pas plus conscient de son tremblement ?

Car qu’est-ce que mourir sinon se tenir nu dans le vent et se fondre dans le soleil ?
Et qu’est-ce que cesser de respirer, sinon libérer le souffle de ses marées inquiètes, pour qu’il puisse s’élever et se dilater et rechercher Dieu sans entraves ?

C’est seulement lorsque vous boirez à la rivière du silence que vous chanterez vraiment.
Et quand vous aurez atteint le sommet de la montagne, vous commencerez enfin à monter.
Et lorsque la terre réclamera vos membres, alors vous danserez vraiment.

(Traduction : Camille Aboussouan, Claire Dubois)

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