Chez nous

Octavian Goga

Noi

La noi sunt codri verzi de brad
Şi câmpuri de mătasă;
La noi atâţia fluturi sunt,
Şi-atâta jale-n casă.
Privighetori din alte ţări
Vin doina să ne-asculte;
La noi sunt cântece şi flori
Şi lacrimi multe, multe…

Pe boltă, sus, e mai aprins,
La noi, bătrânul soare,
De când pe plaiurile noastre
Nu pentru noi răsare…
La noi de jale povestesc
A codrilor desişuri,
Şi jale duce Murăşul,
Şi duc tustrele Crişuri.

La noi nevestele plângând
Sporesc pe fus fuiorul,
Şi-mbrăţişându-şi jalea plâng
Şi tata, şi feciorul.
Sub cerul nostru-nduioşat
E mai domoală hora,
Căci cântecele noastre plâng
În ochii tuturora.

Şi fluturii sunt mai sfioşi
Când zboară-n zări albastre,
Doar roua de pe trandafiri
E lacrimi de-ale noastre.
Iar codrii ce-nfrăţiţi cu noi
Îşi înfioară sânul
Spun că din lacrimi e-mpletit
Şi Oltul, biet, bătrânul…

Avem un vis neîmplinit,
Copil al suferinţii,
De jalea lui ne-au răposat
Şi moşii, şi părinţii…
Din vremi uitate, de demult,
Gemând de grele patimi,
Deşertăciunea unui vis
Noi o stropim cu lacrimi…

(Ciprian Porumbescu : Baladă pentru vioară şi orchestră)

*

Chez nous

Chez nous, il y a de verts sapins,
des champs soyeux, des papillons;
Il y a chez nous tant de tristesse,
tant de peine dans nos maisons.
Les rossignols viennent de loin,
ils aiment nos chants et nos fleurs;
chez nous, on chante la doïna,
et l’on verse beaucoup de pleurs…

Chez nous, sur la voûte, là-haut,
plus ardent, le vieux soleil brille
depuis qu’il ne se lève plus
pour nous, au-dessus des prairies…
Chez nous, tous les halliers épais
des bois racontent nos malheurs,
les eaux du Muresh, les trois Crish,
emportent nos grandes douleurs.

C’est en pleurant que nos épouses
filent leurs quenouilles, la laine,
et, en pleurant, le père et le fils
étreignent ensemble leur peine.
Sous nos cieux émus et tristes,
mêmes les rondes sont plus lentes,
car dans les yeux de tous, chez nous,
nos larmes, nos complaintes chantent.

Les papillons sont plus timides
voltigeant au-dessus des fleurs,
car la rosée qui les nourrit
est faite, hélas, de nos pleurs.
Les bois, nos frères frissonnant
racontent que même les flots
de l’Olt béni sont faits de larmes
et qu’ils emportent nos sanglots.

Notre grand rêve inaccompli,
est un enfant de la douleur,
et nos aïeux en sont tous morts,
dans la détresse, le malheur…
Depuis longtemps, en gémissant
sous nos lourdes passions, sans trève,
nous arrosons, tous, de nos larmes,
la vanité de l’ancien rêve …

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