BEL-ENFANT DE LA LARME (14)

Sept contes roumains
par Jules Brun et Leo Bachelin

*

Une gerbe de rayons vint enseigner aux laoutars comment chantent les anges dans le ciel, à la consécration d’un saint ; un flot de vapeurs exhalées des cavernes vint leur dire comment chantent les éternelles filandières, quand elles trament une vie de bonheur. Aussi cobzas, violons, chalumeaux firent-ils une musique comme jamais on n’en ouït au monde.
Le lis vert, la rose noire, la violette rouge, le lilas orangé, l’œillet bleu, toutes les fleurs
les plus rares s’assemblèrent et tinrent conseil, — ayant leur parfum pour langage, — afin de décider quelle robe elles offriraient à la fiancée. La résolution prise, on confia le secret à certain papillon bleu tout semé de poussière dorée.
Le papillon décrivit mille cercles capricieux autour du visage d’Iliane endormie, et lui montra, dans un rêve limpide et net comme un miroir, sa toilette d’épousée.
Iliane sourit, se voyant si belle.
Le fiancé revêtit sa tunique tissée de rayons de lune, avec un manteau couleur du temps; il ceintura ses reins de perles et de diamants d’un éclat fabuleux.
La noce fut sans pareille, avec grandes réjouissances. On y courut de cent lieues à la ronde.
Le père et la mère de Fêt-Frumos y étaient aussi, couronne en tête et sceptre en main.
Et les deux époux vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants.

Enfin, s’il est vrai que pour Fêt-Frumos le temps n’existe pas, Bel-Enfant de la Larme,
le héros de tant d’aventures, doit être encore de ce monde.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s